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Quel chauffage coûte le moins cher à l’usage
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Une pompe à chaleur paie son électricité plus cher au kilowattheure que le gaz ou les granulés. Elle chauffe pourtant moins cher que les deux dans la majorité des installations. Tout se joue entre deux chiffres, le prix de l’énergie achetée et la chaleur que l’appareil en tire. Pour savoir quel chauffage est le plus économique, il faut regarder les deux en même temps, avec des prix à jour.
Les prix ont beaucoup bougé cette année. À la mi-octobre, le litre de fioul livré coûtait 74 % de plus qu’un an plus tôt selon le ministère chargé de l’énergie. Mieux vaut donc repartir des grilles officielles de l’automne et des rendements mesurés par l’ADEME.
Le prix du kilowattheure à l’automne 2026
L’électricité reste l’énergie la plus chère à l’achat. La grille du Tarif Bleu d’EDF applicable depuis le 1er août 2026 fixe le kWh à 20,01 centimes TTC en option base pour un compteur de 6 kVA, avec un abonnement de 15,86 € par mois. L’option heures creuses le ramène à 15,89 centimes sur les plages creuses.
Pour le gaz, la Commission de régulation de l’énergie publie un prix repère pour comparer les offres. Le prix repère de novembre 2026 place le kWh de chauffage à 0,1576 € TTC en moyenne sur la zone de GRDF, entre 0,148 € et 0,176 € selon la localisation. Il faut y ajouter un abonnement de 360,79 € par an, payé même l’été.
Le fioul domestique a flambé en un an. Selon la note hebdomadaire de la DGEC du 16 octobre 2026, le litre livré par 2 000 à 4 999 litres valait 1,93 € TTC, contre 1,11 € à la même période de 2025. Un remplissage de 2 000 litres revient donc à près de 3 860 €.
Les granulés de bois restent le combustible le moins cher au kWh. D’après l’indice des prix de Propellet pour le deuxième trimestre 2026, la tonne livrée en vrac coûtait environ 388 €, soit 8,43 centimes le kWh. Ce prix varie selon la région, la quantité commandée et la livraison.
| Énergie | Prix relevé | Source et date |
|---|---|---|
| Électricité, option base 6 kVA | 20,01 centimes le kWh | EDF, Tarif Bleu au 1er août 2026 |
| Gaz naturel, usage chauffage | 15,76 centimes le kWh | CRE, prix repère de novembre 2026 |
| Fioul domestique | 1,93 € le litre | DGEC, relevé du 16 octobre 2026 |
| Granulés de bois en vrac | 8,43 centimes le kWh | Propellet, deuxième trimestre 2026 |
Ce que coûte un kWh de chaleur une fois dans la maison
Le prix du kWh ne dit pas ce que l’appareil en fait. Un radiateur électrique transforme chaque kWh consommé en un kWh de chaleur, sa chaleur coûte donc les 20 centimes du tarif. Une chaudière, elle, laisse filer une partie de l’énergie de son combustible. Une pompe à chaleur prélève au contraire des calories gratuites dehors et rend plusieurs kWh de chaleur par kWh d’électricité.
L’ADEME a mesuré ce rendement sur 100 pompes à chaleur posées à la place d’une chaudière au gaz ou au fioul. Son dossier de presse d’octobre 2025 donne un coefficient de performance moyen de 2,9 pour les modèles air/eau et de 4,3 pour les modèles géothermiques. Rapporté au tarif réglementé, le kWh de chaleur revient à 6,9 centimes avec une PAC air/eau moyenne. Il descend à 4,7 centimes en géothermie.
Le même document juge une PAC air/eau environ trois à quatre fois plus efficace qu’une chaudière ou qu’un radiateur électrique. Correctement réglée, elle divise en moyenne par deux la facture de chauffage par rapport au gaz. Même le granulé, à 8,43 centimes avant les pertes de la chaudière, reste au-dessus d’une PAC moyenne, qui devient le chauffage le moins cher à l’usage.
Coût d’un kWh de chaleur à l’automne 2026, d’après les prix et rendements cités plus haut.
- Pompe à chaleur géothermique, environ 4,7 centimes.
- Pompe à chaleur air/eau moyenne, environ 6,9 centimes.
- Chaudière à granulés, un peu plus de 8,4 centimes selon son rendement.
- Chaudière au gaz, un peu plus de 15,8 centimes avant l’abonnement.
- Radiateur électrique, 20 centimes.
- Chaudière au fioul, non chiffrée car vendue au litre.

Une pompe à chaleur mal réglée perd une grande partie de son avance
La moyenne cache de gros écarts. Sur l’échantillon de l’ADEME, le coefficient de performance allait de 1,8 à 4,5 et environ un tiers des machines restaient sous 2,5. À 1,8, le kWh de chaleur remonte à 11,1 centimes, au-dessus du granulé. À 4,5, il tombe à 4,4 centimes.
L’agence relève deux causes principales. La première tient au réglage de la loi d’eau, qui fixe la température de l’eau envoyée aux radiateurs selon la température extérieure. La seconde vient de radiateurs trop petits, car plus ils sont grands, meilleur est le rendement. Ces défauts se comprennent mieux quand on sait comment la machine puise la chaleur de l’air extérieur. Les corriger ferait gagner environ un point de coefficient de performance.
L’hiver ne ruine pas le calcul. Le 20 janvier 2024, par une température moyenne de −4 °C, les PAC suivies ont gardé un coefficient moyen de 2, soit un kWh de chaleur autour de 10 centimes. L’ADEME a aussi mesuré 30 % d’écart de performance entre les régions les plus douces et les plus rudes.
Les situations où la réponse change
Une maison au gaz avec une chaudière récente
Une chaudière à condensation de quelques années n’a pas besoin d’être changée dans l’urgence. Son kWh de chaleur coûte plus cher que celui d’une PAC, mais l’économie doit d’abord rembourser l’achat de la pompe. Garder la chaudière pour les grands froids et confier le reste de la saison à une PAC, c’est le principe d’une chaudière hybride.
Un logement chauffé par des radiateurs électriques
Une maison sans circuit d’eau chaude se prête mal à une PAC air/eau. L’ADEME a donc suivi des PAC air/air dans 88 logements grâce à leur compteur Linky. Remplacer les radiateurs électriques a divisé la consommation par deux environ, de 45 à 24 kWh par mètre carré et par an en valeur médiane. Pour une seule pièce ou un usage ponctuel, le chauffage d’appoint le plus économique reste une autre piste.
Une maison avec de la place pour le bois
Le granulé garde l’avantage du combustible le moins cher au kWh. Il demande un silo ou un local pour les sacs, un conduit de fumée et un ramonage régulier. Une chaudière à granulés bien dimensionnée alimente les radiateurs comme une chaudière au gaz, alors qu’un poêle chauffe surtout la pièce où il se trouve.

Une vieille chaudière au fioul
Avec un litre passé de 1,11 € à 1,93 € en un an, le fioul pèse lourd dans le coût du chauffage d’une maison. La même cuve de 2 000 litres coûte ainsi plus de 1 600 € de plus qu’en 2025. Avant d’en racheter une neuve, renseignez-vous sur la loi sur les chaudières fioul.
Abonnement, installation et devis
Le coût d’usage ne se limite pas au prix du kWh. Quitter le gaz supprime un abonnement de 360,79 € par an, alors qu’un système hybride le maintient. Une pompe à chaleur demande en revanche un investissement plus lourd qu’une chaudière. Pour établir quel chauffage est le plus économique chez vous, plusieurs devis d’installateurs locaux donnent le prix réel de chaque solution, pose comprise.
Questions fréquentes
Quel est le chauffage le moins cher pour une maison ?
Pour une maison équipée de radiateurs à eau, la pompe à chaleur air/eau bien réglée donne en général la chaleur la moins chère, autour de 7 centimes le kWh au tarif réglementé de l’automne 2026. La géothermie fait mieux encore. Le granulé suit de près, surtout quand la PAC est mal réglée ou que la maison dispose déjà d’un conduit de fumée.
Le chauffage au bois est-il moins cher que la pompe à chaleur ?
Le granulé est le combustible le moins cher au kWh, autour de 8,4 centimes selon l’indice Propellet du printemps 2026. Une PAC air/eau moyenne produit pourtant sa chaleur pour environ 6,9 centimes, car elle tire près de trois kWh de chaleur de chaque kWh d’électricité. Avec une PAC mal réglée, l’avantage passe du côté du bois.
Le gaz reste-t-il un chauffage économique ?
Le prix repère de la CRE place le kWh de gaz pour le chauffage à 15,76 centimes en novembre 2026, avec un abonnement de plus de 360 € par an. Le gaz reste moins cher que le radiateur électrique classique. Face à une pompe à chaleur bien réglée, l’ADEME estime en revanche que la facture de chauffage est divisée par deux en moyenne.
Une pompe à chaleur consomme-t-elle beaucoup en plein hiver ?
Son rendement baisse quand il gèle, sans s’effondrer. Lors du froid du 20 janvier 2024, avec −4 °C en moyenne, les pompes à chaleur suivies par l’ADEME rendaient encore deux kWh de chaleur pour un kWh d’électricité. Le kWh de chaleur restait alors autour de 10 centimes, moins cher que le gaz ou qu’un radiateur électrique.
Faut-il isoler sa maison avant de changer de chauffage ?
L’isolation réduit fortement la consommation et permet de choisir une pompe à chaleur moins puissante. L’ADEME n’a pourtant pas trouvé de lien direct entre l’isolation et le rendement des PAC mesurées. Si les travaux viennent après la pose, il faut faire régler à nouveau la loi d’eau pour que la machine suive les nouveaux besoins de la maison.
